Géraldine KERDILES – SAS Akabois

A l’origine cette entreprise, c’est l’entreprise de mon père. Ce sont les circonstances de la vie qui m’ont amenée là. J’avais prévu de finir ma formation de commerce international en Australie à Sydney ou j’avais fait un an. Finalement avec des problèmes de santé et un repreneur qui a lâché mon père au dernier moment, je lui ai proposé de l’aider dans l’entreprise pendant 6 mois, le temps qu’il retrouve quelqu’un d’autre. Et, finalement ça fait 5 ans et j’y suis toujours très heureuse.

Est-ce un défi de reprendre l’entreprise de son père ?

Pour moi ça a été un vrai challenge de reprendre l’entreprise. Je suis la fille du patron, donc ce n’est pas facile. Il faut aussi prouver qu’on n’est pas là juste par filiation mais qu’on a vraiment les compétences pour être à ce poste. L’autre défi, c’est que je ne connaissais absolument rien en technique. Je ne suis pas du tout issue du milieu du bâtiment, donc il a fallu que j’apprenne sur le tas. Et une dernière chose, j’étais aussi une jeune femme de 25 ans qui ne connaissait pas grand-chose en gérance d’entreprise. C’est vraiment ce goût du défi qui m’a donné vraiment envie de reprendre cette entreprise et de réussir.

Qu’est-ce qui vous motive dans cette aventure ?

J’ai découvert un secteur d’activité passionnant. Il y a plusieurs choses qui me passionnent dans ce métier. Je trouve qu’on est avec des gens qui ont vraiment envie de transmettre leur savoir-faire, on a le même âge, la même motivation, et aussi la même philosophie dans le travail.

On est plus sur un management participatif. Moi ce qui m’anime tous les jours est de créer une synergie de groupe et vraiment de faire en sorte que tout le monde se rende compte qu’on est les maillons d’une chaine et que cette chaine ne peut fonctionner que si tout le monde y met du sien.

L’ossature bois est un marché spécifique. Cela a-t-il été compliqué de vous immerger dans ce monde ?

Le fait de ne pas s’y connaitre en technique ossature bois a été intéressant pour l’entreprise puisque j’avais un regard neuf. Je n’avais pas un regard déformé par les années que j’avais pu faire dans le bâtiment. Je me suis vraiment découvert un réel intérêt notamment pour la technique de l’ossature bois. C’est un métier où on a systématiquement différents types de murs. On travaille beaucoup sur le thermique, et l’empreinte environnementale du bâtiment. Et ça, ça m’a vraiment passionnée.

Etre une femme a-t-il constitué un frein pour faire ce métier ?

Les freins se situent plus dans la tête des gens. Je ne me suis jamais posée la question de savoir si le métier que je fais aujourd’hui est un métier d’hommes ou de femmes. D’ailleurs on me pose souvent la question : alors qu’est-ce que ça fait d’être une femme dans le bâtiment ? Je réponds souvent que c’est aux autres qu’il faut poser la question parce que moi je ne me la suis jamais posée puisque je considère que je suis à ma place depuis le départ.