On l’appelle le « mal du siècle » ou le syndrome d’épuisement professionnel, le «burn-out» touche de plus en plus d’actifs en France. Près de 3 millions d’artisans pourraient un jour « craquer » au travail à cause du stress et de la surcharge de travail. Les artisans du bâtiment sont eux aussi de plus en plus touchés par ce phénomène

Les artisans perçoivent-ils leur stress ?

Ce secteur est un milieu dans lequel on a l’habitude de garder la tête haute et d’encaisser les coups durs. On prétend garder le moral quoiqu’il arrive. Si 80% des artisans interrogés (sur un panel de 3100 *) se disent en bonne santé, plus de la moitié se reconnait stressée. Et pour cause; la baisse d’activité, les problèmes de trésorerie, le poids des charges sociales, les taxes et les conditions de travail difficiles … certains artisans accusent le coup.

Qu’appelle-t-on sombrer dans les 3D ?

Etre chef d’entreprise suppose un risque patrimonial. Une mauvaise chute (redressement judiciaire, liquidation…) peut provoquer des blessures « narcissique » et/ou financière chez le dirigeant et le plonger dans les 3D : Dépression – Divorce - Dépôt de bilan.

La conjoncture économique est de plus en plus difficile pour ce secteur. 45 000 emplois ont été détruits ces 5 dernières années et la spirale s’accélère. Entre 2013 et 2014, la CAPEB comptabilise 26 800 emplois supprimés. La crise qui impacte le gros œuvre depuis plusieurs mois a et aura des conséquences sur les métiers du second œuvre. De nombreux professionnels du BTP ont d’ailleurs de grosses craintes concernant le premier semestre 2015.

Etre artisan et travailler 35 heures … ça arrive ?

Pour la grande majorité des artisans, le rythme de travail est très soutenu. Oubliez les 35 heures : 1 artisan sur 5 travaille plus de 60 heures par semaine et la moitié d’entre eux le week-end. Les vacances comme les week-ends sont écourtés voire oubliés, ce qui n’est pas sans conséquences sur la vie personnelle.

Ainsi pour la moitié des entreprises, le conjoint est impliqué dans la vie de l’entreprise, et l’entourage est laissé de côté. Il n’est pas rare de voir les artisans garder un lien par mail ou téléphone avec leur activité pendant les jours de repos.

Comment détecter le burn-Out chez l’artisan ?

Malgré tout, l’amour du métier permet à beaucoup de garder le moral face à des conditions difficiles.
Des symptômes permettent de détecter un pré burn-out et de pouvoir l’anticiper.

Il existe une liste infinie de causes du burn-out, parmi lesquelles l’angoisse du « carnet de commandes », la charge de travail, la solitude du dirigeant, ou encore la gestion du personnel reviennent en tête. Stressée et fatiguée, l’irritabilité est omniprésente. Un tel mal-être peut avoir de lourdes conséquences sur l’activité de la société ainsi que sur la vie privée de l’entrepreneur.

Comment éviter de tomber dans le Burn-Out ?

1-Faites le point

Il est important de pouvoir prendre du recul sur votre vie, à tout instant. Soyez capable de regarder la situation d’un autre angle, comme si vous observiez un film, et d’émettre un avis critique sur ce que vous voyez.

Posez-vous régulièrement ces questions :

- Votre situation vous convient-elle ?
- Quelles sont vos sources de stress ? Parvenez-vous à prendre du recul par rapport à ce stress ou vous accompagne-t-il au-delà du travail, dans votre vie privée ?
- Souffrez-vous d’un manque de soutien de la part de vos proches ?
- Votre charge de travail est-elle adaptée à votre planning ?

2. Fixez vos limites et apprenez à dire non

Chef d’entreprise, vous avez certainement une capacité d’adaptation importante, une résistance à l’effort, une aptitude à encaisser les nombreux coups durs qui se sont mis en travers de votre chemin d’entrepreneur, mais vous n’êtes pas infaillible. Vous êtes humain !

Vous devez boucler un chantier pour demain et vous êtes loin d’avoir terminé ? Acceptez de renégocier votre échéance. A quoi bon se convaincre du contraire, si c’est pour risquer de bâcler le travail et perdre une énergie considérable (énergie qui aurait pu être investie dans une négociation des délais avec votre client) ?

3. Révisez vos priorités

Beaucoup d’artisans ont la sensation de travailler dans l’urgence. En effet, il y a des chantiers qui prennent du retard, des délais à respecter pour éviter de payer des indemnités au client, et puis un contexte économique tendu qui accroit le rythme de travail

Fixez-vous des objectifs réalisables surtout si vous êtes sur le point d’accepter des chantiers imprévus qui vont vous conduire à renforcer votre rythme de travail, voire annuler vos congés ! Si vos objectifs sont hors de portée ou trop nombreux, vous aurez l’impression de faire du sur-place, ce qui peut conduire au découragement, au surmenage et à l’épuisement.

4. Communiquez avec votre entourage

Les affaires tournent au ralenti, les difficultés financières deviennent insurmontables et les idées noires prennent le dessus. Quand l'entreprise connait des difficultés, les relations personnelles peuvent en pâtir, et alors, tout s'écroule.
D’autres collègues de travail dans votre région connaissent peut-être les mêmes difficultés ou peuvent vous aider à y voir plus clair. Franchissez le pas en les contactant !

5. Gérez votre temps en programmant vos arrêts

Attendre d’être complètement épuisé pour prendre vos congés peut vous faire perdre la concentration et l’énergie nécessaires pour être au top avant leur arrivée.

Pour éviter cela, quelques règles simples :

  • programmez vos congés longtemps à l’avance et reposez-vous vraiment !
  • planifiez quelques pauses dans votre journée pour garder les idées claires : allez marcher un peu, déplacez-vous pour échanger avec un de vos collaborateur… ceci, vous permet de prendre un peu de recul sur votre travail.
  • se ressourcer quand on n’est pas au travail. Si l’on ne profite pas de son temps libre, la journée de travail ne prend jamais vraiment fin et prive de la dose de repos quotidien indispensable.

6. Assurez votre avenir et celui de votre famille

Pour ne pas ajouter des soucis personnels aux soucis professionnels, la clé est d’avoir mis en place les garanties et protections nécessaires permettant de rester serein face à la pensée qu’un coup dur pourrait ruiner tous les efforts accomplis.

Des solutions simples à mettre en œuvre existent : veiller à avoir des garanties suffisantes pour couvrir vos frais de santé, ou les conséquences d’une maladie ou d’un accident, préparer votre retraite.
Enfin, vérifiez que vous avez mis en place des prestations d’assistance afin de pouvoir compter sur une aide en cas d’indisponibilité, comme par exemples : la couverture de votre responsabilité personnelle de chef d’entreprise, une garantie chômage ou une protection en cas de disparition de l’homme-clé de votre entreprise.